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Ce documentaire est riche d’images d’archives, de témoignages d’historien-ne-s et de militant-e-s de l’époque… et surtout de tragiques leçons pour le mouvement anarchiste.

L’importance de ce documentaire est mis en évidence à la fin du film avec ce commentaire tiré des mémoires de Victor Serge, à savoir que la république a perdu la guerre en mai 1937 car on ne peut pas gagner la guerre en enfermant les éléments révolutionnaires les plus convaincus. En effet après que les anarchistes aient été réprimés, il ne restait plus de résistance concrète contre l’arrivée de Franco à Barcelone.

Le film porte donc sur « la guerre civile dans la guerre civile »; sur la « scission de fait » entre la tête de la CNT et la base (comités de défense, comités de quartier, milices populaires); de comment la république a liquidé la révolution en collaboration avec les staliniens.

Il y a une grande place accordée au rôle des organes de la base de la CNT dans la mise en place des changements révolutionnaires… changements qui – le film le montre bien – seront trahis par les organes dirigeants de la CNT qui ont rejoint le gouvernement de Caballero, Companys et Negrin. L’exemple le plus flagrant est le retour de la faim dans les rues de Barcelone en 1937 après que le ministre Comorera, leader du PSUC (stalinien), ait interdit l’approvisionnement gratuit par les comités de quartiers, et ce,  dans le but d’instaurer le libre marché.

C’est toujours démoralisant de voir les appels des dirigeant-e-s de la CNT à baisser les armes et du coup à abandonner le réel pouvoir que la CNT avait à Barcelone.

Quelques espoirs se retrouvent pourtant ici et là dans le film : il est rapidement question de la région de l’Aragon où les anarchistes ont aboli les instances républicaines pour mettre en place une organisation anarchiste intégrale; il est question des Amis de Durruti, groupe dissident dans la CNT.

Ce qui est vraiment intéressant aussi de voir en image dans ce documentaire, c’est à quel point les staliniens ont réprimés les anarchistes de la base (et aussi le POUM) sous le gouvernement de Negrin.

Un documentaire à voir pour haïr tant la collaboration de classe de l’anti-fascisme bourgeois que le stalinisme. Et pourquoi par haïr par le fait même les instigateurs de l’entrée de la CNT au gouvernement ( lire ici Horacio Prieto et autres « possibilistes libertaires » de la CNT).

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