Débat sur l’industrie du sexe dans la CNT-AIT espagnole (Traduction)

Mots-clés

, , ,

Voici dans un premier temps un  »Manifeste abolitionniste » (juillet 2019). Il est suivi d’une  »Déclaration contre l’abolition du travail sexuel » (janvier 2020).

Manifeste abolitionniste

« … nous nous battrons pour maintenir la ligne abolitionniste dans les organisations anarchistes et les groupes d’affinité dans lesquels nous sommes intégré.e.s, et que nous n’accepterons pas l’entrée et l’organisation des intérêts du commerce du sexe dans la Confédération nationale du travail CNT-AIT sans au moins un débat ou une discussion préalable. »

Sacralisée dans les sociétés primitives, ou transformée en commerce dans les économies monétaires, la prostitution a été une constante dans l’histoire de l’humanité. Traditionnellement, elle a été considérée comme une fonction nécessaire dans les sociétés structurées de manière rigide en strates sociales. Historiquement, ceux qui ont eu recours au sexe pour des raisons économiques n’ont pas appartenu aux couches supérieures, qui n’en ont pas besoin ; ceux qui sont au bas de l’échelle offrent et ceux qui sont au sommet achètent. Comme ce sont aussi surtout des filles et des femmes qui se sont consacrées à cette activité, en raison de la demande majoritaire des hommes, il s’agit d’un phénomène étroitement lié au patriarcat. Il s’agit donc d’une activité qui appartient à une formation sociale verticale, et non à une société égalitaire, et nous ne pensons pas qu’elle puisse cesser de l’être, quelle que soit la richesse des personnes qui la pratiquent ou le nombre d’hommes et de femmes qui la pratiquent : celui qui achète, continue à avoir un privilège sur celui qui est acheté, qui est dégradé par ce fait même.

Lire la suite

Crise climatique : quelle réponse Anarchosyndicaliste ? (Congrès de l’AIT/CNT-AIT France)

Mots-clés

, ,

A l’occasion du récent congrès de l’AIT (Association Internationale des Travailleurs, notre organisation internationale), les compagnons de la section slovaque de l’AIT, qui ont participé aux récentes grèves pour le climat avec leur propre mot point de vue anarchosyndicaliste, ont proposé de lancer un débat au sein de l’AIT sur quelles réponses nous pourrions apporter en tant qu’anarchosyndicalistes à la crise climatique, et comment les sections de l’AIT sont impliquées – ou pas – dans le mouvement actuel Voici une contribution personnelle en réponse aux compagnons slovaques.

« Chers compagnons, votre question démontre la nécessité de plus d’échanges et de débats dans l’AIT entre les sections. Même si ce qui suit est une réponse individuelle, nous avons déjà eu des débats sur ce thème dans notre fédération. J’essaie donc ici de résumer l’état de l’art de notre réflexion collective.

Il y a en fait différents niveaux dans votre question « quelle réponse anarchosyndicaliste à la crise climatique » :

1) nous pensons tout d’abord qu’il est nécessaire de mieux comprendre ce qu’est la crise climatique, d’où elle vient, quelles sont les causes et les conséquences. Ainsi, l’une des activités auxquelles nous avons participé a été d’introduire un débat entre nos membres et amis sur la crise et sa signification.

Dans ces échanges, nous avons parlé des technologies modernes et de la science. Il existe en effet une opinion commune selon laquelle – pour résoudre la crise – il faut s’appuyer totalement sur les scientifiques et les technologies modernes (c’est notamment une opinion émise par les gens qui entourent Greta Thurnberg)- ce qui pourrait conduire à une dictature des experts techniques et scientifiques. D’autres au contraire pensent que nous devons brûler toute civilisation (anti-industriels). Lire la suite

Les syndicats sont-ils des faux-amis ?(CNT-AIT France)

Mots-clés

, ,

Ne nous y trompons pas : quand la bourgeoisie définit les règles dans le monde du travail, les syndicats institutionnels ne peuvent que perdre, voire collaborer avec le patronat, contre les intérêts des salariés. Les syndicats de nos jours sont de vraies institutions sociales, leurs positions sont réglementées par la loi et les accords, leurs chefs aspirent à faire partie, peut être un jour, du pouvoir politique. Et ils forment (les syndicats) en partie l’appareil d’état grâce auquel le capitalisme impose ses conditions au prolétariat.

Dans le monde du travail, l’heure est au consensus et à la recherche de la paix sociale, et on nous sert régulièrement cette propagande, que nous prolétaires nous sommes tous de la classe moyenne ; que les ouvriers ça n’existe plus, puisque l’INSEE le dit, et que d’ailleurs ils constituent seulement 23% de la population active dans ce pays, blablabla…

Même si je trouve curieux qu’on trouve ici ou là beaucoup de chantiers de BTP et des constructions diverses et variées employant des ouvriers. Il faut aussi de la main d’œuvre pour fabriquer des Airbus, et cette main d’œuvre ben… C’est des ouvriers ! Pour réparer nos bagnoles, on fait appel à un mécano qui refilera notre véhicule à l’un de ses ouvriers, il existe encore en France des usines, même si certaines d’entre elles ferment… Parlons en des usines qui ferment : à mon boulot depuis déjà un bon bout de temps, il semblerait qu’on tente de nous la faire à l’envers comme on dit.

Lire la suite

LA CHARTE D’AMIENS EST MORTE…

lundi 12 juin 2006

La « charte d’Amiens » est le nom du texte adopté lors du congrès de la CGT en octobre 1906. C’est depuis et de façon invariable devenu le texte de référence des syndicalistes révolutionnaires.

La charte d’Amiens est morte… très jeune. Elle n’avait qu’à peine 8 ans.

Depuis, se revendiquer de la charte d’Amiens, c’est se revendiquer d’un mythe. Certains « anarchistes » et autres « syndicalistes révolutionnaires » essayent régulièrement de réanimer le cadavre ? Quel peut bien être leur intérêt dans cette entreprise ?

Un texte de compromis historique ?

Les syndicalistes révolutionnaires oublient souvent de rappeler que ce texte est avant tout un texte de compromis entre les tendances anarchistes et réformistes (parlementaristes) de la CGT. Si, pour faire plaisir aux premiers, la Charte établit le principe de grève générale expropriatrice il assure surtout une bienveillante neutralité du syndicat envers les partis politiques qui, pour reprendre les termes de la Charte « en dehors et à côté, peuvent poursuivre en toute liberté la transformation sociale ». Alors que la CGT « apolitique » ne se donnera jamais les moyens de donner vie au principe de grève générale, les partis politiques sauront utiliser toute leur « liberté » ainsi garantie pour renforcer leur pouvoir sur le dos des travailleurs. Lire la suite

En ligne|«L’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire» de Louis Mercier-Vega

anarcho-syndicalisme-et-syndicalisme-revolutionnaire-de-mercier-vega-luis-974459396_L-300x300

Voici le lien pour télécharger le texte. Les Éditions Spartacus (éditeur René Lefeuvre) a publié ce texte en 1978 accompagné d’un texte de Victor Griffuelhes (voir l’image de la couverture plus haut). Voir ici les autres œuvres du même auteur

Charles Cortvrint, alias Charles Ridel, alias Louis Mercier Vega a une contribution intellectuelle et militante fort intéressante. Son itinéraire hors du commun l’a amené a participer à la colonne Durruti durant la guerre civile espagnole, a écrire des textes sur les guérillas en Amérique latine et a jouer un rôle de critique de l’anarchisme, des anarchistes, de la participation de la CNT au gouvernement républicain, et ce, dans différents journaux tels que Révision (1938) dont la profession de foi indique « Il serait temps de dire ce que l’on pense et de penser ce que l’on dit. Première révolution à accomplir chez les révolutionnaires. » Voir ici pour sa courte biographie sur le site des Ateliers de Création Libertaire

Sans doute le présent texte sera aussi riche de réflexions critiques.

Rudolf Rocker : Itinéraire d’un militant et d’un théoricien anarchiste

Prochainement, plus d’informations à venir au sujet de Rudolf Rocker sur le site web du Collectif d’éducation et de diffusion anarcho-syndicaliste.

Initiative anarchiste – Rudolf Rocker

« Le nationalisme est un prétexte qui permet de quasiment tout dissimuler. La bannière nationale recouvre toute injustice, toute forme d’inhumanité,tous les mensonges et s’il le faut tous les crimes. La responsabilitécollective de la nation étouffe tout sentiment de justice chez l’individu etmène chaque humain à passer totalement outre les injustices qu’il acommises et à les vanter comme des vertus si elles sont commises dans l’intérêt de la nation. »

Rudolf Rocker
(traduit de l’allemand par nos soins du site anarchismus.at)

Peu connu en France, Rudolf Rocker est pourtant un théoricien et un militant important du mouvement anarcho-syndicaliste allemand et international, voire de l’anarchisme en général. De sa jeunesse passée à Mayence à ses exils successifs qui l’auront vu arpenter les rues de Paris, Londres et New York, Rudolf Rocker diffusera inlassablement les idées libertaires à travers ses écrits et ses engagements et marquera de son…

Voir l’article original 1 672 autres mots

Brochure en ligne | «Brève histoire de l’anarchisme pour les nuls» par René Berthier

Pour télécharger la brochure, cliquez ici

Quelques mots de René Berthier:

Depuis fort longtemps, j’accumule dans mes archives une demi-douzaine de documents à vocation pédagogique destinés à exposer de manière simple les grandes lignes de l’histoire du mouvement anarchiste, ou de sa doctrine. « L’anarchisme pour les nuls » n’en est qu’un parmi d’autres.

D’ailleurs il ne s’intitulait pas comme ça à l’origine, mais comme c’est la mode d’expliquer tout et n’importe quoi aux « nuls », alors je me suis dit que ce serait une façon d’être « in ». Quand je me parle à moi-même, j’appelle ces documents mes « momies » parce qu’elles sont là, immobiles, attendant, comme les anciens pharaons, de ressusciter.

J’en ai même qui sont écrits sur papier, du temps où je n’avais pas d’ordinateur : c’est dire que ça fait un bail.

Le plus marrant, c’est qu’un jour j’ai comparé ces documents, et je me suis aperçu qu’ils ne disent pas du tout la même chose. En fait, je pense qu’il est impossible d’expliquer l’anarchisme en 50, ou même en 100 pages, parce que si on veut faire une rapide synthèse, on est obligé de choisir un angle d’approche et d’abandonner d’autres angles d’approche, ce qui est terrible, parce que ce sont aussi des points très importants.

J’ai même une « Histoire hétérodoxe du syndicalisme révolutionnaire », un truc que j’ai écrit il y 5 ou 6 ans parce que j’avais été très énervé par les âneries que racontaient certains militants se réclamant de ce courant.

Cela dit, mon bouquin intitulé Affinités non électives pourrait faire office de « manuel d’initiation à l’anarchisme ». C’était censé être une réponse au livre d’Olivier Besancenot et de Michäel Löwy, mais en définitive je les cite très peu, j’ai préféré tout simplement dire ce que j’avais à dire.

Bref, j’ai décidé d’exhumer une de mes « momies », juste pour lui faire prendre l’air et voir ce que ça donne. Peut-être un jour me déciderais-je à en exhumer d’autres.

René Berthier

De l’utilité d’une CNT (France)

Tiré du journal Le Libertaire de janvier 2020.

Si de nombreux griefs peuvent être adressés à la CNT, peut-on cependant rejeter toute idée de construction d’une organisation anarcho-syndicaliste aujourd’hui, en France? Est-ce, comme on a pu le lire trop souvent, une CGT-SR bis, c’est-à-dire une CGT Sans Rien ? Est-ce que le combat syndicaliste est maintenant dépassé par le mouvement des gilets jaunes ou le combat écologiste doit-il primer sur un syndicalisme qui a déçu nombre de militants et semble dans l’incapacité de faire bouger les lignes? Lire la suite

Film en ligne | « Sur la Brèche. Des anarchistes contre Franco » De Mateos Gonzalo 2018 – 70 minutes

Mots-clés

, , ,

Sur la Brèche. Des anarchistes contre Franco » De Mateos Gonzalo 2018 – 70 minutes Espagnol sous-titré en Français Un documentaire biographique sur la vie du militant anarchiste Octavio Alberola. Octavio Alberola Suriñac est né le 4 mars 1928 à Alaior (Minorque, îles Baléares). Fils des enseignants rationalistes et militants libertaires, José Alberola Navarro, membre du Conseil d’Aragon pendant la période révolutionnaire de 1936-1937, et de Carmen Suriñac enseignante à Olot (La Garrotxa). En 1939, il part en exil au Mexique avec sa famille où il suit des études d’ingénierie civile à Mexico. Il milite principalement au sein des Jeunesses Libertaires et participe au « Mouvement Espagnol 59 ». Il prépare des actions de guérilla avec Juan Garcia Oliver. En 1962, il s’installe clandestinement en France et participe à la création de Défense Intérieure avec Garcia Oliver, Cipriano Mera et d’autres militants entre 1962 et 1965. A partir de 1965, son nom est souvent mêlé à de nombreuses actions destinées à frapper le régime fasciste espagnol. Après la fin du franquisme, Octavio continue à militer dans le mouvement anarchiste à Perpignan en participant à des débats et en publiant des ouvrages sur l’idéal libertaire.

SOLFED-AIT : UN PEU D’OPTIMISME DANS UN MOMENT SOMBRE

Déclaration de SOLFED, section en Grande Bretagne de l’AIT, suite aux résultats des élections législatives Britanniques en lien avec le Brexit

Traduction de la CNT-AIT France

Un peu d’optimisme dans un moment sombre…

Il ne s’agit pas de clamer « on vous l’avait bien dit! ». Nous avons des amis proches et des camarades solides qui ont mis leur foi et leur énergie dans Corbyn et dans le Parti Travailliste. Nous n’avons que de la sympathie [au sens propre : souffrir avec …] et des condoléances pour eux. La perte d’espoir doit ressembler à un deuil. Nous sommes désolés, collectivement, pour l’angoisse que des millions de personnes ressentent aujourd’hui.
Lire la suite