Les affiches des combattants de la liberté – Espagne 1936

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Le site web suivant contient une banque d’affiches, de timbres de la révolution espagnole. Il est aussi un outil d’éducation sur cet épisode historique de l’anarchisme. Lire ici la présentation du site.

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Affiche photomontage qui serait l’œuvre d’un dessinateur italien. Face à la lâcheté du Front Populaire (français) qui refusa de livrer des armes au peuple espagnol, une intense campagne était menée surtout par les anarchistes et -un peu- par la gauche de la gauche française ou la CGT. Affiche co-signée CNT-FAI d’un côté et CGTSR-FAF côté français.

Dans la même veine, voici le site international d’affiches anarchistes

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Discours d’Emma Goldman au congrès de l’AIT (Paris 1937): une réponse réformiste aux critiques contre la CNT-FAI?

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Emma Goldman à un meeting de la CNT-FAI à Barcelone en 1936

Sur ce site de Racines et Branches, vous trouverez la traduction française du discours qu’Emma Goldman a prononcé devant le congrès extraordinaire de l’Association Internationale des Travailleurs à Paris en décembre 1937. Ce congrès extraordinaire de l’AIT a été convoqué dans le sillon d’un conflit au sein de cette organisation au sujet des concessions idéologiques de la CNT-FAI lors de la révolution espagnole, comme l’entrée de cette organisation anarcho-syndicaliste au sein du gouvernement républicain et la militarisation des milices.

LIRE LE TEXTE

C’est une Emma Goldman modérée qui exprima un large appuie à la CNT-FAI en lui pardonnant ses digressions aux principes anarchistes considérant les circonstances politico-militaires. À la fin de ce congrès, un des plus fervent critique de la CNT-FAI, le secrétaire de l’AIT Pierre Besnard, est remplacé par Horacio Pietro, un possibiliste libertaire de la CNT-FAI (anarchiste pro-parlementaire). On pourrait longuement critiquer cette contribution d’Emma Goldman considérant que la CNT-FAI était en conflit en son sein même sur ces questions. En voulant prendre le parti de l’organisation, elle prend donc le parti de la militarisation des milices et de l’entrée au gouvernement au même titre que les franges réformistes qui se retrouvent à la tête de la CNT-FAI.

À un moment, Emma Goldman dit « verser de l’acide de vos critiques sur leurs chairs brûlées me semble être un refus de solidarité« . Or elle a tord de dire ça si on prend en considération que la CGT-SR qui critiquait la CNT-FAI contribuait à financer et à envoyer des armes aux anarcho-syndicalistes révolutionnaires via le « Comité anarcho-syndicaliste pour la défense et la libération du prolétariat espagnol ».

Extraits:

Camarades, nous sommes membres de la même famille et nous sommes entre nous. Par conséquent, nous n’avons pas besoin de tourner autour du pot. La réalité déplorable est qu’il n’existe pas de mouvement anarchiste ou anarcho-syndicaliste de grande importance en dehors de l’Espagne, et, à un moindre degré, en France, à l’exception de la Suède. Les mouvements anarchistes dans les autres pays ne sont représentés que par des petits groupes. Dans toute l’Angleterre, par exemple, il n’existe pas de mouvement organisé – seulement quelques groupes.

Avec le plus fervent désir d’aider la révolution en Espagne, nos camarades de l’extérieur n’étaient ni matériellement ni numériquement assez forts pour inverser la tendance. Donc, se trouvant au pied du mur, la CNT-FAI a été obligée de descendre de ses hauteurs traditionnelles nobles pour faire des compromis à droite et à gauche : la participation au gouvernement, toutes sortes de concessions à Staline, une tolérance surhumaine vis à vis de ses sbires qui intriguaient et complotaient ouvertement contre la révolution espagnole.

Leur entrée dans les ministères m’a semblé la moins choquante de toutes les concessions faites par nos camarades. Non, je n’ai pas changé d’avis au sujet de la nuisance du gouvernement. Comme tout au long de ma vie, je soutiens encore que l’état est un monstre froid et qu’il dévore tous ceux à sa portée. Si je ne savais pas que le peuple espagnol ne voit dans le gouvernement qu’un expédient, à jeter par-dessus bord à volonté, qu’il ne s’est jamais fait d’illusions ni n’a été corrompu par le mythe parlementaire, je serais peut-être un peu plus inquiète pour l’avenir de la CNT-FAI. Mais avec Franco aux portes de Madrid, je peux difficilement blâmer la CNT-FAI d’avoir choisi la participation au gouvernement comme un moindre mal, plutôt que le péril mortel de la dictature.

Nous avons toujours condamné la guerre comme servant le capitalisme et rien d’autre; mais lorsque nous avons pris conscience que nos camarades héroïques de Barcelone devaient continuer la lutte anti-fasciste, nous les avons immédiatement soutenus, ce qui était indéniablement un changement par rapport à notre précédente position sur la guerre. Une fois que nous avions pris conscience qu’il serait impossible d’affronter des hordes de fascistes armés jusqu’aux dents, nous ne pouvions pas éviter l’étape suivante , qui était la militarisation.

Camarades, la CNT-FAI est une maison en feu; les flammes s’engouffrent dans chaque fissure , venant de plus en plus près pour brûler nos camarades. En ce moment crucial, et avec seulement peu de gens pour essayer de sauver nos camarades des flammes voraces, verser de l’acide de vos critiques sur leurs chairs brûlées me semble être un refus de solidarité. Pour ma part, je ne peux pas vous rejoindre sur ce point. Je sais que la CNT-FAI s’est beaucoup éloignée de notre et de leur idéologie. Mais cela ne peut pas me faire oublier ses glorieuses traditions révolutionnaires de soixante-dix années. Leur combat courageux — toujours pourchassés, toujours aux abois, toujours en prison et en exil. Cela me pousse à penser que la CNT-FAI est restée fondamentalement la même et que le temps n’est pas loin où elle prouvera qu’elle est toujours le symbole , la force d’inspiration, que les anarchistes et les anarcho-syndicalistes ont toujours été pour les autres anarchistes dans le monde.

Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste – Jacky Toublet

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Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste
Jacky TOUBLET
Solidarité ouvrière n° 20
Décembre 1972
Syndicalisme et bolchevisme

Texte tiré sur site 1libertaire.free.fr
Solidarité ouvrière publia en 1972 une série d’articles intitulée « Syndicalisme et bolchevisme ».

Il faut se replacer dans le contexte de l’époque. La période qui a suivi mai 68 a vu fleurir nombre de groupes léninistes – trotskistes ou maoïstes – qui se concurrençaient pour le rôle de direction de rechange du mouvement ouvrier. Il était absolument nécessaire de leur opposer une doctrine cohérente et revenir aux principes de base du mouvement ouvrier, que le mouvement libertaire français n’avait malheureusement pas pu affirmer.

L’usage voulait que les articles ne soient pas signés, car nous estimions qu’ils devaient refléter le point de vue de l’organisation, non celui d’individus.

Le dernier article de la série, « Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste » fut écrit par Jacky Toublet.

(René Berthier, mars 2008.)

Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste
Jacky TOUBLET

Au cours de notre étude succincte sur « Syndicalisme et bolchevisme », nous pensons avoir détruit un certain nombre de mythes qui courent sur l’action et la théorie léninistes. En général, les critiques qu’ont portées les syndicalistes libertaires sur les diverses versions du bolchevisme ont été le plus souvent sans effet sur la bonne conscience de ses militants ; que le bolchevisme soit foncièrement anti-démocratique, ils l’admettent, quelques-ans même avec une certaine fierté ; qu’il leur faille parfois parler à la classe ouvrière avec des fusils ne les trouble pas outre mesure. Ils se pensent comme le facteur historiquement progressif, et se trouver dans le vent de l’histoire peut tout justifier; Lire la suite

Maitron en ligne | Biographie de Pierre Besnard

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Courte biographie de Pierre Besnard dans le Maitron en ligne. Cet article a été écrit par Jean Maitron et Guillaume Davranche. Le site maitron-en-ligne reprend, parfois dans une version enrichie et avec de l’iconographie, la totalité des 187 303 notices publiées dans l’ensemble du Maitron, y compris les volumes spécialisés et les cédéroms édités par les Éditions de l’Atelier.

 

Besnard_Pierre

Pierre Besnard, cofondateur de la CGT-SR puis de la CNT française, théoricien de l’anarcho-syndicalisme et secrétaire de l’Association internationale des travailleur (celle de Berlin 1922)

Né le 8 octobre 1886 à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), mort le 19 février 1947 à Bagnolet (Seine) ; facteur-chef aux chemins de fer ; anarcho-syndicaliste ; cofondateur de la CGT-Syndicaliste révolutionnaire puis de la CNT française.

Cofondateur de la CGT-SR puis de la CNT française, Pierre Besnard fut surtout le principal théoricien français de l’anarcho-syndicalisme.

Fils d’un cultivateur, il entra le 1er mars 1909 aux chemins de fer de l’Ouest-État comme facteur auxiliaire à Chinon (Maine-et-Loire). Participa-t-il à la grande grève d’octobre 1910 ?

Le 25 septembre 1912, il épousa Thérèse, Marie, Eugénie Mortreuil née le 4 mai 1892 à Oissel (Seine-Inférieure).

Que fit-il pendant la Grande Guerre ? Au congrès CGT de Lyon, tenu du 15 au 21 septembre 1919, il représentait les syndicats de cheminots de Bressuire, de Loudun (minoritaires), de Montoire-sur-Loire, PO-Saumur et OE-Saumur (majoritaires). Le 15 décembre, il fut nommé facteur chef à la gare d’Auteuil-Boulogne. Fin 1919, il répondit à une enquête de La Mêlée sur l’orientation du mouvement anarchiste. Son article fut publié dans le n°32 de ce bimensuel.

Chef de file des syndicalistes révolutionnaires « purs »

Le 4 mai 1920, alors qu’il était un des principaux animateurs de la grève des chemins de fer pour la région parisienne, il devint secrétaire intérimaire de la commission permanente du bureau mixte des syndicats parisiens de cheminots. Il était également membre de la commission exécutive de la Fédération nationale des cheminots et habitait alors au 14, rue Henri-Monnier, à Paris 9e. Le 14 mai, il fut révoqué des chemins de fer pour faits de grève. Lire la suite

Du syndicalisme révolutionnaire à la révolution – René Villard 1969

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Sur le site du Monde Nouveau du Cercle d’études libertaires Gaston Leval de la Fédération anarchiste (France), vous trouverez ce texte de René Villard publié en septembre 1969 à Lyon en France.

Le texte, sans être une étude approfondie*, soulève l’importance de se préparer à la révolution via des tâches pré-révolutionnaires comme l’étude de l’organisation de la future société révolutionnaire, la propagande anarchiste et révolutionnaire, l’intégration des travailleurs dans une organisation de type C.N.T., la solidification des réseaux internationaux pour défendre les révolutions locales comme les agressions internationales, etc. À titre d’exemple, l’idée de l’organisation de la société semble pour lui être suffisamment importante pour qu’il soit « criminel » de s’embarquer dans un processus révolutionnaire sans en avoir une idée. Il dit par exemple que mai 68 n’a pu aboutir à une révolution car aucune proposition de révolution libertaire avait été étudié au préalable. C’est un texte intéressant pour alimenter et démarrer une discussion sur le sujet. Néanmoins, on sent une « foi » en la C.N.T. En effet, il propose de faire embarquer une masse de travailleurs dans la C.N.T. comme si cela était un gage de protection contre des tendances non-révolutionnaires. Il soulève pourtant lui-même dans ses premières pages, l’erreur des anarcho-syndicalistes de la C.N.T. espagnole à participer au gouvernement républicain.

*Les idées à la base de ce texte: préparation à la révolution, importance d’avoir un projet pour la société de demain n’est pas sans rappeler le livre de Pierre Besnard (Les syndicats ouvriers et la révolution sociale, 1930) dans lequel ces idées sont beaucoup plus développées.

Du syndicalisme révolutionnaire à la révolution

Voici quelques extraits:

Notre tâche principale actuelle, notre action directe présente, consiste à forcer le travailleur à ouvrir les yeux, à réfléchir, à comprendre, de l’entraîner, avec nous, dans la lutte ascendante pour la révolution, afin que ses enfants ne soient plus, demain, les domestiques du capital; afin que ses enfants puissent, demain, posséder, enfin, la dignité de l’homme et se trouver au même niveau que tous les hommes; car tous les hommes seront devenus des travailleurs et produiront, selon leurs aptitudes, pour le plus grand bien de la société

Le succès révolutionnaire réside en la formation d’une quantité de militants révolutionnaires capables, au moment favorable d’entraîner les travailleurs et le peuple à la conquête de la liberté.

En mai 1968, la révolution n’était pas réalisable parce qu’aucun plan de transformation de la société n’avait été suffisamment étudié pour permettre cette réalisation. Si la révolution avait renversé le pouvoir, il aurait fallu improviser et, ce qui est construit hâtivement, sans étude préalable, ne peut, dans le moment passionné d’une révolution, être l’expression de la justice et de la liberté qui sont les véritables buts révolutionnaires. La différence qui existe entre une révolution militaire ou capitaliste et une révolution libertaire, est que la première continue l’exploitation du peuple et des travailleurs et qu’elle n’apporte, en définitive, qu’un changement de maîtres au pouvoir, elle peut donc être réalisable à tous moments. Tout au contraire, la révolution libertaire ne peut être la continuation de l’exploitation du peuple et des travailleurs. C’est donc toute une organisation nouvelle qu’elle doit apporter, créer, organiser, mettre en place, dès le succès de la révolution. Si cette organisation nouvelle n’est pas capable d’assurer l’existence du peuple au jour de la révolution, il est inutile et criminel de tenter de réaliser celle-ci. Reconnaissons, cependant, que tout mouvement de révolution est profitable à l’avènement de la révolution totale et libertaire, du fait qu’elle donne aux travailleurs et aux peuples, le courage de la révolte qui autorisera, un jour, la conquête de la liberté.

La pré-révolution implique, dans les temps présents, la diffusion, parmi tous les exploités, de la pensée libertaire: elle nécessite le développement et l’affiliation des travailleurs dans les syndicats C.N.T. (Confédération Nationale du Travail) lesquels peuvent constituer la base indispensable de travailleurs et révolutionnaires pour constituer les éléments nécessaires de propagande autorisant de combattre tous les mensonges diffusés par l’État et par ceux qui en sont bénéficiaires.

Ce sont les organisations libertaires et le syndicalisme révolutionnaire qui assureront demain aux nouvelles générations, libérées de tous les mensonges, des atteintes à la morale, que le peuple supporte dans les temps présents, l’égalité économique et sociale indispensable à la dignité humaine.

Si la révolution est une nécessité, la pré-révolution est indispensable à la préparation du succès de la révolution. C’est à cette pré-révolution que les anarchistes, les syndicalo-anarchistes, convient la classe des travailleurs afin qu’elle accomplisse sa mission de libération.

L’esprit de révolte doit donc, pour vaincre la violence des esclavagistes, composer une force qui, en plus d’une possibilité de violence, soir capable de construire, par la raison et la solidarité, une force économique et sociale, libératrice, capable de redonner aux hommes la dignité qu’ils ne possèdent plus.

C’est en faisant basculer un nombre important de travailleurs affiliés à des syndicats inféodés à l’État, dans les syndicats révolutionnaires de la C.N.T. que les grèves pourront prétendre à la libération des travailleurs et à la suppression de l’État.

Le succès d’un mouvement révolutionnaire, dans un pays, dépend de la multiplicité des points de révolte, afin que les forces de l’État soient divisées et ne puissent se concentrer sur un seul point révolutionnaire. Ce qui justifie la nécessité de l’organisation révolutionnaire sans laquelle il est inutile et criminel de s’attaquer à un pouvoir organisé et meurtrier, disposant de forces considérables qu’il peut lancer contre le peuple sous quelques heures, avec la certitude de l’impunité devant l’Histoire, laquelle est écrite sous le contrôle de l’État, avec le sang du peuple.

Attaque fasciste contre la librairie La Page de Noire de Québec, notre solidarité est au rendez-vous

Aidons les camarades de La Page Noire à faire face à la peste brune.

Librairie L'Insoumise

La nuit dernière, soit le 9 décembre 2018, la Librairie Sociale La Page Noire (ville de Québec) a été une fois de plus la cible d’une attaque fasciste. Vous trouverez ici l’appel à la solidarité lancé par le collectif de cette librairie. La librairie anarchiste L’Insoumise vous invite à vous abonner à leur page Facebook afin de rester informé-e et à contribuer à leur campagne de financement.

Agissons contre l’extrême-droite, soyons solidaires avec La Page Noire!

https://www.gofundme.com/reparations-de-la-page-noire

** English will follow **

Attaque fasciste contre la Page Noire

Il y a bientôt deux ans (2016), des suprémacistes blancs étaient venus dans la nuit faire des graffitis appelant à la guerre raciale sur la Page Noire, et ainsi nous signifier qu’ils étaient toujours présents en ville. Cela a effectivement concordé avec une augmentation drastique de l’agitation fasciste et de la visibilité de groupes d’extrême-droite à Québec en fin 2015 et 2016…

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Compte-rendu des débats du Congrès constitutif de la CNT (France – décembre 1946)

Tiré d’une publication Facebook de la CNT-Région parisienne

La fondation de la Confédération nationale du travail en décembre 1946 est un événement syndical peu étudié. Nous publions ici le texte intégral du compte rendu du congrès constitutif de la CNT tel qu’il parut dans le journal L’Action syndicaliste, qui devait devenir bientôt Le Combat syndicaliste, comme décidé au congrès.

 

Il y aurait beaucoup à dire sur cet évènement sur lequel nous souhaitons publier d’autres documents. Pour l’heure, nous nous contenterons de signaler que la création de la CNT fut la première réaction syndicale face à l’emprise communiste sur la CGT dans l’immédiat après-guerre. Il faudrait une étude sérieuse pour se prononcer sur les causes du déclin de la CNT dans les années qui suivirent, mais la fondation de la CGT-Force-Ouvrière en 1947, en fournissant une autre alternative syndicale à la CGT, fut certainement un facteur important.

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Entretien avec Garcia Oliver à Paris 1977

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Un entretien avec Juan García Oliver 120 min – espagnol sous-titré en français

■ « La rencontre avec Juan García Oliver eut lieu à Paris, en juin de l’année 1977. De passage dans la capitale pour superviser les épreuves de ses mémoires, il me fut présenté par son éditeur, José Martínez. Le premier contact eut pour cadre un restaurant de la rue de Bièvre. Là, García Oliver m’apparut comme une sorte de fantôme nimbé d’histoire. C’est que l’homme, d’abord assez froid, semblait tout droit sorti d’un arrêt sur image. Comme si, au quarantième anniversaire d’une révolution presque oubliée, un de ses principaux protagonistes avait résisté au passage du temps et à ses effets sournoisement correctifs. Étrangement, le García Oliver de ce printemps 1977 était, physique mis à part, le même que celui qui, dans les années 1930, avait fait trembler, avec un semblable aplomb, la société espagnole et – pourquoi le taire ? – quelques anarchistes et syndicalistes de renom, que son « catastrophisme » inquiétait. Pour qui a travaillé sur le témoignage, une telle rencontre est rare, non tant parce qu’elle met en présence d’un authentique personnage – ce qui est somme toute banal quand il s’agit de la révolution espagnole –, mais parce que le bonhomme que vous avez en face de vous n’a pas changé d’un poil, qu’il argumente comme si l’événement durait encore, qu’il est toujours ce qu’il était, et non ce qu’il est devenu. Cette invariance – qui, à l’évidence, peut apparaître comme un défaut dans la vie courante – représente, dans le travail de mémoire, une appréciable qualité parce qu’elle restitue la vérité d’époque, dimension psychologique comprise, à un récit qui, sans elle, n’est souvent qu’une version corrigée et embellie d’un temps définitivement révolu. García Oliver, probablement encouragé en sous-main par son éditeur et ami, accepta sans réticence de se prêter au jeu – difficile et risqué – de l’entretien. Celui-ci eut lieu le 29 juin 1977 dans un appartement du douzième arrondissement de Paris. Pour l’occasion, García Oliver apparut batailleur, précis, sûr de lui, tranchant et quelque peu dominateur. Comme à la grande époque, disais-je. À l’évidence, le lecteur pourra être irrité par certaines affirmations péremptoires de l’interviewé, mais, tous comptes faits, il appréciera sûrement la valeur de cette personnelle part de vérité, d’autant qu’à ce jour, cette transcription – inédite en français – constitue l’unique témoignage de García Oliver dans notre langue.– Freddy Gomez »

Pour en savoir plus : À contretemps, n° 17, juillet 2004

 

[Entrevue] CNT-F, CNT-AIT : les convictions libertaires à l’épreuve du terrain

Entrevues datant de 2005 tirées du site http://www.vivelasociale.org du Journal/Émission de radio La Question Sociale. Le tout est très enrichissant par les réflexions issues des expériences des personnes interviewées.

Fernando, Bernard (CNT-F), Jipé et Nadine (CNT-AIT)

Trois interviews de quatre militants libertaires racontant trois expériences syndicales différentes : la première peint une fresque historique de la CNT-F de 1985 à 2000, la deuxième évoque vingt ans de présence ultraminoritaire à EDF, la troisième raconte le rôle significatif joué par la CNT-AIT de Pau dans trois grands moments de lutte sociale. Se dessinent ainsi trois façons d’articuler la  » propagande  » libertaire aux nécessités de la lutte.

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