Vidéo

Film | « Rudolf Rocker: anarchiste et relieur » le 15 nov. au DIRA

Venez à cette super soirée pour en apprendre plus sur la vie et l’oeuvre de Rudolf Rocker, figure marquante de l’anarcho-syndicalisme!

CEDAS-ASCED

affiche rudolf rocker_banner_DIRAConfirmez votre participation sur l’événement Facebook en cliquant ici!

Rare en version française, ce film retrace la vie d’une figure majeure de l’anarchisme: Rudolf Rocker.

Ce film de 45 minutes sera suivi d’une présentation/discussion autour de ses œuvres majeures et de ses idées marquantes principales. Des brochures et des livres seront disponibles sur place (gratuit ou en vente).

Cette projection/discussion s’adresse autant aux néophytes qu’aux personnes plus politisées qui souhaitent approfondir leurs connaissances sur ce personnage et ses idées.

Cet événement a lieu en même temps que la soirée du 15e anniversaire de la librairie anarchiste L’Insoumise!

Cette projection/discussion est organisée par les membres du Collectif d’éducation et de diffusion anarcho-syndicaliste – Anarcho-Syndicalist Collective for Education and Diffusion en collaboration avec le comité événement de L’Insoumise.

Où: Bibliothèque anarchiste DIRA
2035 boulevard Saint-Laurent, H2X 2T3

Quand: Vendredi 15 Novembre à 19h

Gratuit

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Documentaire | Travail, salaire, profit (bande annonce)

Tiré du site des Mutins de Pangée

Gérard Mordillat et Bertrand Rothé interrogent 21 chercheurs d’Europe, des États-Unis, de Chine et d’Afrique sur les concepts fondamentaux de l’économie : le travail, l’emploi, le salaire, le capital, le profit et le marché.

Disponible en DVD et prochainement en VOD.

Episode 1 : Travail

Certains mots sont d’un usage si courant qu’on finit par les utiliser sans en interroger le sens. Travail… par exemple. Depuis la nuit des temps l’homme travaille, or du Paléolithique à nos jours cette activité n’a cessé d’évoluer. Qu’est-ce que le travail aujourd’hui ? Le travail est-il devenu une marchandise ? Et qu’achète-t-on sur le marché du travail ? Pourquoi et comment
est apparu le Code du travail ?

Episode 2 : Emploi

Le travail et l’emploi apparaissent comme deux termes interchangeables. De façon ordinaire, aujourd’hui, c’est l’emploi qui est le plus souvent utilisé pour désigner le travail… Travail et emploi seraient-ils de faux jumeaux ?
D’un côté il y a les incroyables transformations du management contemporain, et de l’autre, l’invention de l’auto-entreprenariat comme forme moderne de l’emploi.

Episode 3 : Salaire

« Le salaire est la somme d’argent que le capitaliste paye pour un temps de travail déterminé ou pour la fourniture d’un travail déterminé ». Cette citation de Marx est-elle encore valide aujourd’hui ? Il y a le salaire de subsistance, le salaire différé et depuis peu sont apparues les idées d’un revenu universel
ou d’un salaire à vie. Serait-ce la fin du salariat ?

Episode 4 : Marché

Aujourd’hui, le marché occupe une place hégémonique dans les sciences économiques. D’Adam Smith et sa « main invisible » aux libéraux contemporains, tous y voient le principe central de l’économie. Forts d’un discours théologico-économique, ils en font un dieu incontestable. Pour les libéraux, le marché a toujours raison. Mais de la guerre commerciale à la guerre entre nations, il n’y a qu’un pas…

Episode 5 : Capital

Comme tous les concepts économiques, le capital a une histoire. Une histoire singulière que l’on peut raconter de bien des manières. D’autant plus que la signification de ce terme s’est transformée au rythme du changement des modes de production… Plutôt que de faire une théorie du capital, la
situation contemporaine de l’économie ne nous invite-t-elle
pas à faire une théorie de l’actionnariat ?

Episode 6 : Profit

D’où vient l’argent ? Au cours de l’histoire les thèses se sont succédées sans parvenir à répondre à la question. Le profit est un concept fuyant. Pour Marx il était le produit d’un vol, le capitaliste volait au travailleur une part de son travail ; pour Milton Friedman, Prix Nobel d’économie, accroître les profits
était l’unique responsabilité des entreprises. Entre l’enjeu financier et l’enjeu social, la querelle demeure.

Lutte anarcho-syndicaliste : CNT-AIT Albacete contre BURGER KING

Tiré du blog CNT-AIT Paris 

Un exemple de lutte anarchosyndicaliste : CNT-AIT Albacete contre BURGER KING

Le Syndicat Interco de la CNT-AIT de Albacete, ont informé l’ensemble du personnel de Burger King d’Albacete du conflit syndical qu’ils ont initié contre la direction de l’entreprise, pour leur violation systématique des droits des travailleurs et des syndicats.

Le syndicat de la CNT-AIT est composé de travailleurs de Burger King et d’autres travailleurs solidaires. Il ne se présente pas aux élections syndicales, ne participe pas au comité d’entreprise et n’a pas de permanent. Il est organisé sous la forme d’une assemblée des travailleurs qui décident par eux-mêmes de leurs revendications et de leur stratégie, sans influence politique ni religieuse extérieure.

 

BUGER-KING_CNT-AIT Albacete

Le syndicat de la CNT-AIT a adressé un écrit à la direction des 4 franchises à Albacete (Tejares, Imaginalia, Albacenter et Autovía 31) la liste des revendications que l’entreprise doit respecter immédiatement. Le personnel de ces restaurants Burger King dont souffre de mauvaises conditions de travail :

– non respect des contrats de travail par l’entreprise,

– contrats de travail qui ne respectent pas les conditions légales,

– non-respect des fiches de postes

– non respect des conventions collectives, notamment sur les embauches et les horaires de travail,

– fraude à la sécurité sociale,

– sous effectifs, notamment pour le nettoyage, etc …

Le Comité d’entreprise (auquel la CNT-AIT ne participe pas par principe) a également dénoncé cette situation, en parallèle de notre dénonciation directe. L’entreprise a alors commencé à répondre partiellement à nos revendications, en mettant à disposition des vêtements de travail et en revenant dans le cadre de la convention collective, notamment sur le respect des contrats de travail. Mais pour aller plus loin dans la satisfaction de toutes les revendications, il est clair que cela dépendra de l’effort, de l’unité et de l’engagement de l’ensemble des salariés.

L’obligation de donner un « pack » de vêtements de travail à tous les travailleurs, qui fait partie du contrat de travail, n’a pas été remplie pendant longtemps. L’obligation pour le patron consistait à remettre à chaque salarié une casquette, une ceinture, un badge d’identité, deux polos et deux pantalons. Bien que la direction de l’entreprise ne nous ait donné qu’un seul polo et un seul pantalon, elle dit accorder beaucoup d’importance à l’hygiène du personnel. Nous sommes obligés de travailler avec un seul uniforme de travail mais ce n’est qu’un des problèmes les plus visibles pour l’ensemble des travailleurs. Les mensonges de la direction vont jusqu’à la signature de contrats de travail illégaux.

Le problème le plus important est certainement que l’entreprise fait signer des contrats à Temps Partiel qui sont systématiquement illégaux tout simplement parce que c’est dans l’intérêt exclusif de l’entreprise.

Parmi les irrégularités on peut citer les embauches, le manque de personnel, le non respect de la durée légale du travail et notamment le non-respect de la pause de 12 heures entre deux journées de travail. Les horaires ne sont jamais noté, les travailleurs travaillent donc selon le bon-vouloir de la direction, sans être payés pour les heures supplémentaires. En conséquence, il y a un mal-être généralisé des salariés.

Parmi les mesures plus polémiques, l’Inspection du travail de Barcelone a déclaré anticonstitutionnelle l’obligation édictée par l’entreprise aux salariés de raser leur barbe. Notre syndicat est radicalement opposé à cette mesure dictée par l’entreprise, car elle est utilisée par la direction comme un moyen d’intimidation des travailleurs sur une base disciplinaire.

L’entreprise, qui ne cherche qu’a augmenter à tout prix son bénéfice y compris au détriment de l’hygiène, n’a aboutit qu’à la fermeture d’un restaurant au mois d’août par les Services de l’inspection d’Hygiène … Ce qui paradoxalement a du leur faire perdre des milliers et des milliers d’euros.

Face à toutes ces attaques, l’entreprise doit savoir que les travailleurs et les travailleuses de Burger King ne resteront pas les bras croisés.

Nous savons que l’entreprise est très préoccupée par l’intervention de la CNT-AIT dans ce conflit syndical. La direction a fait des recherches pour savoir qui étaient les personnes derrière le sigle CNT-AIT. (Comme la CNT-AIT ne participe pas aux élections ni au Comité d’Entreprise, qu’elle n’a aucun représentant, la direction ne peut pas identifier qui sont les « meneurs » … Pour la bonne raison que le syndicat fonctionnant en assemblée il n’y a pas de « leader » que la Direction pourrait acheter ou intimider …)

C’est pourquoi la CNT-AIT s’est adressée à l’ensemble du personnel de Burger King, pour les encourager à promouvoir une assemblée permanente de travailleuses et travailleurs. Une assemblée où chacune et chacun peuvent participer et s’impliquer dans la lutte, jusqu’à sa conclusion ultime qui sera la fin une fois pour toute de la précarité dans cette entreprise.

Travailleurs organisés, patron emmerdé

La force des travailleurs c’est la solidarité.

Burger King, le roi de la précarité.

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Livre |  »La CNT dans la révolution espagnole » de José Peirats Tome 2 présentation par Frank Mintz

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La CNT dans la révolution - Tome 2

Noam Chomsky écrivait en 1968 : «  L’étude historique la plus complète de la révolution anarchiste demeure peu accessible, et pas plus que l’auteur, José Peirats – il vit actuellement dans le sud de la France – qu’aucun des réfugiés qui n’écriront jamais de mémoires, mais qui pourrait apporter un témoignage personnel d’une valeur inestimable, ne semble avoir été consulté par les principaux commentateurs de la guerre d’Espagne1.  » Lire la suite

Film | La Patagonie rebelle VOSTFR

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Réalisation : Héctor Olivera d’après Los vengadores de la Patagonia trágica de Osvaldo Bayer

Musique : Óscar Cardozo Ocampo

Durée : 107 minutes

Date de sortie : Argentine : 13 juin 1974

Espagnol sous-titré en français

Ce film, après avoir été d’abord censuré par le président d’alors, Juan Domingo Perón, fut finalement autorisé, par décision du même Perón, à sortir sur les écrans le 12 juin de cette même année. Après la mort de Perón, le film fut à nouveau interdit, le 12 octobre, par le gouvernement d’Isabel Perón. Ce n’est qu’avec le retour de la démocratie formelle en 1984 qu’il put enfin être librement projeté. Le film remporta un Ours d’argent à la Berlinale de 1974. Buenos Aires, janvier 1923. Un inconnu (dans les faits l’anarchiste Kurt Wilckens) assassine le lieutenant-colonel Zavala (en réalité Héctor Benigno Varela). Trois ans plus tôt, en réponse à l’exploitation patronale, les anarchosyndicalistes de la Société Ouvrière de Río Gallegos, dont le secrétaire général est le galicien Antonio Soto, votent à l’unanimité la grève du personnel hôtelier de la province. C’est un succès et les camarades décident de transformer le mouvement en grève générale : les travailleurs ruraux de la province (production lainière), particulièrement, sont exploités dans les estancias pour un salaire dérisoire, d’autant plus s’ils sont Chiliens. Les grands propriétaires et la bourgeoisie locale prennent peur face à ce mouvement qui pourrait suivre l’exemple de la Révolution russe, d’autant que la majorité des leaders sont européens. Ils refusent les revendications des travailleurs, le gouverneur local souhaite une réponse féroce et la police, sous les ordres du commissaire zélé Micheri, procède à des arrestations arbitraires, ce qui ne fait qu’intensifier la rébellion. Le gouvernement progressiste d’Hipólito Yrigoyen aimerait une solution pacifiste, et envoie depuis Buenos Aires le lieutenant-colonel Zavala afin de négocier avec patrons et travailleurs.

Brochure | Les anarchistes de Chicago – aux origines du premier mai

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La Convergence des Luttes Anti-Capitalistes (CLAC) vient de refaire une brochure de la Confédération Nationale du Travail (CNT-f) française sur les origines du premier mai. Le PDF est disponible sur leur site web. Bonne Lecture!

Il est aussi possible de lire l’édition originale de la CNT-f en ligne en cliquant ici.

À noter qu’il est aussi possible de lire une brochure sur l’histoire du premier mai à Montréal ici.

Et une vidéo ici sur le même sujet tiré d’un documentaire sur l’historien Howard Zinn.

Bon premier mai!

 

 

 

VIDEO | Les patrons ont toujours tort ! / Bosses are always wrong!

Pour voir la vidéo, visitez le site de la Convergence des Luttes Anti-Capitalistes:
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  • Les patrons ont toujours tort !
    • Moyen-métrage de la CLAC
    • (30 minutes, français avec sous-titre anglais)

Huit heures de sommeil, huit heures de travail et huit heures de loisir. Pendant plus de quarante ans, nous passerons probablement plus de quarante heures par semaine à effectuer une succession de tâches bien souvent insignifiantes.

Les luttes ouvrières, malgré leurs acquis, ont-elles véritablement affecté l’hydre capitaliste ? Peut-on à la fois améliorer nos conditions de travail, réduire la vitesse d’enrichissement des patrons à nos dépens et tendre vers une société plus égalitaire ?

Dans les dernières décennies, plusieurs courants de pensée libertaires et mouvements sociaux ont développé, en théorie et en pratique, une critique radicale du travail, où le problème fondamental est la centralité du travail dans l’activité humaine, au détriment des autres sphères de l’existence.

Les patrons ont toujours tort ! aborde la transformation graduelle des centrales syndicales en organisations corporatistes, leur acceptation de la logique du marché et de la création d’emplois à tout prix, avec toutes les contradictions que cela implique. Le film se penche également sur différents enjeux trop souvent ignorés par les mouvements ouvriers (environnement, patriarcat, situation des travailleuses et travailleurs migrants, etc.), et met en lumière l’apport des luttes et des analyses féministes et anti-autoritaires en vue d’une réelle émancipation pour tous et toutes. Finalement, quel est le chemin qui nous reste à parcourir et comment éviter les obstacles que nous rencontrons sur notre route ?

Parce que construire le monde à venir commence par remettre en question les bases de celui d’aujourd’hui.


  • Bosses Are Always Wrong!
  • Documentary short from CLAC
  • (30 minutes, french with english subtitles)

Eight hours of sleep, eight hours of work and eight hours of leisure. For over forty years, we will most likely spend more than forty hours a week carrying out a series of trivial tasks that require no specific training in order to increase our « efficiency » at work.

Did workers’ struggles, in spite of their achievements, have actually slowed down capitalist growth. Can we both improve our working conditions, reduce the speed of employer wealth accumulation at our expense and strive towards a more egalitarian society?

In the last decades, many libertarian ways of thinking and many social movements have developed — in theory and in practice — a radical criticism of labor, in which the fundamental problem is the centrality of « productive » and wage labor in human activity, at the expense of the other spheres of life.

Bosses Are Always Wrong! examines the gradual transformation of trade unions into corporatist organizations, with their approval of the market logic and job creation at all cost, with all the contradictions that this implies. The documentary also looks into a variety of issues that are too often ignored by labour movements (the environment, patriarchy, migrant worker conditions, etc.) and brings to light the contributions by anti-authoritarian and feminist struggles and analyses that lead toward a genuine emancipation for all. Finally, what is the route along which to move forward and how to avoid the obstacles we will encounter along the way?

Because building the world to come starts with chalenging the foundations of the world as we know it today.

Les affiches des combattants de la liberté – Espagne 1936

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Le site web suivant contient une banque d’affiches, de timbres de la révolution espagnole. Il est aussi un outil d’éducation sur cet épisode historique de l’anarchisme. Lire ici la présentation du site.

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Affiche photomontage qui serait l’œuvre d’un dessinateur italien. Face à la lâcheté du Front Populaire (français) qui refusa de livrer des armes au peuple espagnol, une intense campagne était menée surtout par les anarchistes et -un peu- par la gauche de la gauche française ou la CGT. Affiche co-signée CNT-FAI d’un côté et CGTSR-FAF côté français.

Dans la même veine, voici le site international d’affiches anarchistes

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Discours d’Emma Goldman au congrès de l’AIT (Paris 1937): une réponse réformiste aux critiques contre la CNT-FAI?

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Emma Goldman à un meeting de la CNT-FAI à Barcelone en 1936

Sur ce site de Racines et Branches, vous trouverez la traduction française du discours qu’Emma Goldman a prononcé devant le congrès extraordinaire de l’Association Internationale des Travailleurs à Paris en décembre 1937. Ce congrès extraordinaire de l’AIT a été convoqué dans le sillon d’un conflit au sein de cette organisation au sujet des concessions idéologiques de la CNT-FAI lors de la révolution espagnole, comme l’entrée de cette organisation anarcho-syndicaliste au sein du gouvernement républicain et la militarisation des milices.

LIRE LE TEXTE

C’est une Emma Goldman modérée qui exprima un large appuie à la CNT-FAI en lui pardonnant ses digressions aux principes anarchistes considérant les circonstances politico-militaires. À la fin de ce congrès, un des plus fervent critique de la CNT-FAI, le secrétaire de l’AIT Pierre Besnard, est remplacé par Horacio Pietro, un possibiliste libertaire de la CNT-FAI (anarchiste pro-parlementaire). On pourrait longuement critiquer cette contribution d’Emma Goldman considérant que la CNT-FAI était en conflit en son sein même sur ces questions. En voulant prendre le parti de l’organisation, elle prend donc le parti de la militarisation des milices et de l’entrée au gouvernement au même titre que les franges réformistes qui se retrouvent à la tête de la CNT-FAI.

À un moment, Emma Goldman dit « verser de l’acide de vos critiques sur leurs chairs brûlées me semble être un refus de solidarité« . Or elle a tord de dire ça si on prend en considération que la CGT-SR qui critiquait la CNT-FAI contribuait à financer et à envoyer des armes aux anarcho-syndicalistes révolutionnaires via le « Comité anarcho-syndicaliste pour la défense et la libération du prolétariat espagnol ».

Extraits:

Camarades, nous sommes membres de la même famille et nous sommes entre nous. Par conséquent, nous n’avons pas besoin de tourner autour du pot. La réalité déplorable est qu’il n’existe pas de mouvement anarchiste ou anarcho-syndicaliste de grande importance en dehors de l’Espagne, et, à un moindre degré, en France, à l’exception de la Suède. Les mouvements anarchistes dans les autres pays ne sont représentés que par des petits groupes. Dans toute l’Angleterre, par exemple, il n’existe pas de mouvement organisé – seulement quelques groupes.

Avec le plus fervent désir d’aider la révolution en Espagne, nos camarades de l’extérieur n’étaient ni matériellement ni numériquement assez forts pour inverser la tendance. Donc, se trouvant au pied du mur, la CNT-FAI a été obligée de descendre de ses hauteurs traditionnelles nobles pour faire des compromis à droite et à gauche : la participation au gouvernement, toutes sortes de concessions à Staline, une tolérance surhumaine vis à vis de ses sbires qui intriguaient et complotaient ouvertement contre la révolution espagnole.

Leur entrée dans les ministères m’a semblé la moins choquante de toutes les concessions faites par nos camarades. Non, je n’ai pas changé d’avis au sujet de la nuisance du gouvernement. Comme tout au long de ma vie, je soutiens encore que l’état est un monstre froid et qu’il dévore tous ceux à sa portée. Si je ne savais pas que le peuple espagnol ne voit dans le gouvernement qu’un expédient, à jeter par-dessus bord à volonté, qu’il ne s’est jamais fait d’illusions ni n’a été corrompu par le mythe parlementaire, je serais peut-être un peu plus inquiète pour l’avenir de la CNT-FAI. Mais avec Franco aux portes de Madrid, je peux difficilement blâmer la CNT-FAI d’avoir choisi la participation au gouvernement comme un moindre mal, plutôt que le péril mortel de la dictature.

Nous avons toujours condamné la guerre comme servant le capitalisme et rien d’autre; mais lorsque nous avons pris conscience que nos camarades héroïques de Barcelone devaient continuer la lutte anti-fasciste, nous les avons immédiatement soutenus, ce qui était indéniablement un changement par rapport à notre précédente position sur la guerre. Une fois que nous avions pris conscience qu’il serait impossible d’affronter des hordes de fascistes armés jusqu’aux dents, nous ne pouvions pas éviter l’étape suivante , qui était la militarisation.

Camarades, la CNT-FAI est une maison en feu; les flammes s’engouffrent dans chaque fissure , venant de plus en plus près pour brûler nos camarades. En ce moment crucial, et avec seulement peu de gens pour essayer de sauver nos camarades des flammes voraces, verser de l’acide de vos critiques sur leurs chairs brûlées me semble être un refus de solidarité. Pour ma part, je ne peux pas vous rejoindre sur ce point. Je sais que la CNT-FAI s’est beaucoup éloignée de notre et de leur idéologie. Mais cela ne peut pas me faire oublier ses glorieuses traditions révolutionnaires de soixante-dix années. Leur combat courageux — toujours pourchassés, toujours aux abois, toujours en prison et en exil. Cela me pousse à penser que la CNT-FAI est restée fondamentalement la même et que le temps n’est pas loin où elle prouvera qu’elle est toujours le symbole , la force d’inspiration, que les anarchistes et les anarcho-syndicalistes ont toujours été pour les autres anarchistes dans le monde.

Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste – Jacky Toublet

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Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste
Jacky TOUBLET
Solidarité ouvrière n° 20
Décembre 1972
Syndicalisme et bolchevisme

Texte tiré sur site 1libertaire.free.fr
Solidarité ouvrière publia en 1972 une série d’articles intitulée « Syndicalisme et bolchevisme ».

Il faut se replacer dans le contexte de l’époque. La période qui a suivi mai 68 a vu fleurir nombre de groupes léninistes – trotskistes ou maoïstes – qui se concurrençaient pour le rôle de direction de rechange du mouvement ouvrier. Il était absolument nécessaire de leur opposer une doctrine cohérente et revenir aux principes de base du mouvement ouvrier, que le mouvement libertaire français n’avait malheureusement pas pu affirmer.

L’usage voulait que les articles ne soient pas signés, car nous estimions qu’ils devaient refléter le point de vue de l’organisation, non celui d’individus.

Le dernier article de la série, « Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste » fut écrit par Jacky Toublet.

(René Berthier, mars 2008.)

Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste
Jacky TOUBLET

Au cours de notre étude succincte sur « Syndicalisme et bolchevisme », nous pensons avoir détruit un certain nombre de mythes qui courent sur l’action et la théorie léninistes. En général, les critiques qu’ont portées les syndicalistes libertaires sur les diverses versions du bolchevisme ont été le plus souvent sans effet sur la bonne conscience de ses militants ; que le bolchevisme soit foncièrement anti-démocratique, ils l’admettent, quelques-ans même avec une certaine fierté ; qu’il leur faille parfois parler à la classe ouvrière avec des fusils ne les trouble pas outre mesure. Ils se pensent comme le facteur historiquement progressif, et se trouver dans le vent de l’histoire peut tout justifier; Lire la suite