Livre |  »La CNT dans la révolution espagnole » de José Peirats Tome 2 présentation par Frank Mintz

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La CNT dans la révolution - Tome 2

Noam Chomsky écrivait en 1968 : «  L’étude historique la plus complète de la révolution anarchiste demeure peu accessible, et pas plus que l’auteur, José Peirats – il vit actuellement dans le sud de la France – qu’aucun des réfugiés qui n’écriront jamais de mémoires, mais qui pourrait apporter un témoignage personnel d’une valeur inestimable, ne semble avoir été consulté par les principaux commentateurs de la guerre d’Espagne1.  » Lire la suite

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Film | La Patagonie rebelle VOSTFR

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Réalisation : Héctor Olivera d’après Los vengadores de la Patagonia trágica de Osvaldo Bayer

Musique : Óscar Cardozo Ocampo

Durée : 107 minutes

Date de sortie : Argentine : 13 juin 1974

Espagnol sous-titré en français

Ce film, après avoir été d’abord censuré par le président d’alors, Juan Domingo Perón, fut finalement autorisé, par décision du même Perón, à sortir sur les écrans le 12 juin de cette même année. Après la mort de Perón, le film fut à nouveau interdit, le 12 octobre, par le gouvernement d’Isabel Perón. Ce n’est qu’avec le retour de la démocratie formelle en 1984 qu’il put enfin être librement projeté. Le film remporta un Ours d’argent à la Berlinale de 1974. Buenos Aires, janvier 1923. Un inconnu (dans les faits l’anarchiste Kurt Wilckens) assassine le lieutenant-colonel Zavala (en réalité Héctor Benigno Varela). Trois ans plus tôt, en réponse à l’exploitation patronale, les anarchosyndicalistes de la Société Ouvrière de Río Gallegos, dont le secrétaire général est le galicien Antonio Soto, votent à l’unanimité la grève du personnel hôtelier de la province. C’est un succès et les camarades décident de transformer le mouvement en grève générale : les travailleurs ruraux de la province (production lainière), particulièrement, sont exploités dans les estancias pour un salaire dérisoire, d’autant plus s’ils sont Chiliens. Les grands propriétaires et la bourgeoisie locale prennent peur face à ce mouvement qui pourrait suivre l’exemple de la Révolution russe, d’autant que la majorité des leaders sont européens. Ils refusent les revendications des travailleurs, le gouverneur local souhaite une réponse féroce et la police, sous les ordres du commissaire zélé Micheri, procède à des arrestations arbitraires, ce qui ne fait qu’intensifier la rébellion. Le gouvernement progressiste d’Hipólito Yrigoyen aimerait une solution pacifiste, et envoie depuis Buenos Aires le lieutenant-colonel Zavala afin de négocier avec patrons et travailleurs.

Brochure | Les anarchistes de Chicago – aux origines du premier mai

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La Convergence des Luttes Anti-Capitalistes (CLAC) vient de refaire une brochure de la Confédération Nationale du Travail (CNT-f) française sur les origines du premier mai. Le PDF est disponible sur leur site web. Bonne Lecture!

Il est aussi possible de lire l’édition originale de la CNT-f en ligne en cliquant ici.

À noter qu’il est aussi possible de lire une brochure sur l’histoire du premier mai à Montréal ici.

Et une vidéo ici sur le même sujet tiré d’un documentaire sur l’historien Howard Zinn.

Bon premier mai!

 

 

 

VIDEO | Les patrons ont toujours tort ! / Bosses are always wrong!

Pour voir la vidéo, visitez le site de la Convergence des Luttes Anti-Capitalistes:
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  • Les patrons ont toujours tort !
    • Moyen-métrage de la CLAC
    • (30 minutes, français avec sous-titre anglais)

Huit heures de sommeil, huit heures de travail et huit heures de loisir. Pendant plus de quarante ans, nous passerons probablement plus de quarante heures par semaine à effectuer une succession de tâches bien souvent insignifiantes.

Les luttes ouvrières, malgré leurs acquis, ont-elles véritablement affecté l’hydre capitaliste ? Peut-on à la fois améliorer nos conditions de travail, réduire la vitesse d’enrichissement des patrons à nos dépens et tendre vers une société plus égalitaire ?

Dans les dernières décennies, plusieurs courants de pensée libertaires et mouvements sociaux ont développé, en théorie et en pratique, une critique radicale du travail, où le problème fondamental est la centralité du travail dans l’activité humaine, au détriment des autres sphères de l’existence.

Les patrons ont toujours tort ! aborde la transformation graduelle des centrales syndicales en organisations corporatistes, leur acceptation de la logique du marché et de la création d’emplois à tout prix, avec toutes les contradictions que cela implique. Le film se penche également sur différents enjeux trop souvent ignorés par les mouvements ouvriers (environnement, patriarcat, situation des travailleuses et travailleurs migrants, etc.), et met en lumière l’apport des luttes et des analyses féministes et anti-autoritaires en vue d’une réelle émancipation pour tous et toutes. Finalement, quel est le chemin qui nous reste à parcourir et comment éviter les obstacles que nous rencontrons sur notre route ?

Parce que construire le monde à venir commence par remettre en question les bases de celui d’aujourd’hui.


  • Bosses Are Always Wrong!
  • Documentary short from CLAC
  • (30 minutes, french with english subtitles)

Eight hours of sleep, eight hours of work and eight hours of leisure. For over forty years, we will most likely spend more than forty hours a week carrying out a series of trivial tasks that require no specific training in order to increase our « efficiency » at work.

Did workers’ struggles, in spite of their achievements, have actually slowed down capitalist growth. Can we both improve our working conditions, reduce the speed of employer wealth accumulation at our expense and strive towards a more egalitarian society?

In the last decades, many libertarian ways of thinking and many social movements have developed — in theory and in practice — a radical criticism of labor, in which the fundamental problem is the centrality of « productive » and wage labor in human activity, at the expense of the other spheres of life.

Bosses Are Always Wrong! examines the gradual transformation of trade unions into corporatist organizations, with their approval of the market logic and job creation at all cost, with all the contradictions that this implies. The documentary also looks into a variety of issues that are too often ignored by labour movements (the environment, patriarchy, migrant worker conditions, etc.) and brings to light the contributions by anti-authoritarian and feminist struggles and analyses that lead toward a genuine emancipation for all. Finally, what is the route along which to move forward and how to avoid the obstacles we will encounter along the way?

Because building the world to come starts with chalenging the foundations of the world as we know it today.

Les affiches des combattants de la liberté – Espagne 1936

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Le site web suivant contient une banque d’affiches, de timbres de la révolution espagnole. Il est aussi un outil d’éducation sur cet épisode historique de l’anarchisme. Lire ici la présentation du site.

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Affiche photomontage qui serait l’œuvre d’un dessinateur italien. Face à la lâcheté du Front Populaire (français) qui refusa de livrer des armes au peuple espagnol, une intense campagne était menée surtout par les anarchistes et -un peu- par la gauche de la gauche française ou la CGT. Affiche co-signée CNT-FAI d’un côté et CGTSR-FAF côté français.

Dans la même veine, voici le site international d’affiches anarchistes

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Discours d’Emma Goldman au congrès de l’AIT (Paris 1937): une réponse réformiste aux critiques contre la CNT-FAI?

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Emma Goldman à un meeting de la CNT-FAI à Barcelone en 1936

Sur ce site de Racines et Branches, vous trouverez la traduction française du discours qu’Emma Goldman a prononcé devant le congrès extraordinaire de l’Association Internationale des Travailleurs à Paris en décembre 1937. Ce congrès extraordinaire de l’AIT a été convoqué dans le sillon d’un conflit au sein de cette organisation au sujet des concessions idéologiques de la CNT-FAI lors de la révolution espagnole, comme l’entrée de cette organisation anarcho-syndicaliste au sein du gouvernement républicain et la militarisation des milices.

LIRE LE TEXTE

C’est une Emma Goldman modérée qui exprima un large appuie à la CNT-FAI en lui pardonnant ses digressions aux principes anarchistes considérant les circonstances politico-militaires. À la fin de ce congrès, un des plus fervent critique de la CNT-FAI, le secrétaire de l’AIT Pierre Besnard, est remplacé par Horacio Pietro, un possibiliste libertaire de la CNT-FAI (anarchiste pro-parlementaire). On pourrait longuement critiquer cette contribution d’Emma Goldman considérant que la CNT-FAI était en conflit en son sein même sur ces questions. En voulant prendre le parti de l’organisation, elle prend donc le parti de la militarisation des milices et de l’entrée au gouvernement au même titre que les franges réformistes qui se retrouvent à la tête de la CNT-FAI.

À un moment, Emma Goldman dit « verser de l’acide de vos critiques sur leurs chairs brûlées me semble être un refus de solidarité« . Or elle a tord de dire ça si on prend en considération que la CGT-SR qui critiquait la CNT-FAI contribuait à financer et à envoyer des armes aux anarcho-syndicalistes révolutionnaires via le « Comité anarcho-syndicaliste pour la défense et la libération du prolétariat espagnol ».

Extraits:

Camarades, nous sommes membres de la même famille et nous sommes entre nous. Par conséquent, nous n’avons pas besoin de tourner autour du pot. La réalité déplorable est qu’il n’existe pas de mouvement anarchiste ou anarcho-syndicaliste de grande importance en dehors de l’Espagne, et, à un moindre degré, en France, à l’exception de la Suède. Les mouvements anarchistes dans les autres pays ne sont représentés que par des petits groupes. Dans toute l’Angleterre, par exemple, il n’existe pas de mouvement organisé – seulement quelques groupes.

Avec le plus fervent désir d’aider la révolution en Espagne, nos camarades de l’extérieur n’étaient ni matériellement ni numériquement assez forts pour inverser la tendance. Donc, se trouvant au pied du mur, la CNT-FAI a été obligée de descendre de ses hauteurs traditionnelles nobles pour faire des compromis à droite et à gauche : la participation au gouvernement, toutes sortes de concessions à Staline, une tolérance surhumaine vis à vis de ses sbires qui intriguaient et complotaient ouvertement contre la révolution espagnole.

Leur entrée dans les ministères m’a semblé la moins choquante de toutes les concessions faites par nos camarades. Non, je n’ai pas changé d’avis au sujet de la nuisance du gouvernement. Comme tout au long de ma vie, je soutiens encore que l’état est un monstre froid et qu’il dévore tous ceux à sa portée. Si je ne savais pas que le peuple espagnol ne voit dans le gouvernement qu’un expédient, à jeter par-dessus bord à volonté, qu’il ne s’est jamais fait d’illusions ni n’a été corrompu par le mythe parlementaire, je serais peut-être un peu plus inquiète pour l’avenir de la CNT-FAI. Mais avec Franco aux portes de Madrid, je peux difficilement blâmer la CNT-FAI d’avoir choisi la participation au gouvernement comme un moindre mal, plutôt que le péril mortel de la dictature.

Nous avons toujours condamné la guerre comme servant le capitalisme et rien d’autre; mais lorsque nous avons pris conscience que nos camarades héroïques de Barcelone devaient continuer la lutte anti-fasciste, nous les avons immédiatement soutenus, ce qui était indéniablement un changement par rapport à notre précédente position sur la guerre. Une fois que nous avions pris conscience qu’il serait impossible d’affronter des hordes de fascistes armés jusqu’aux dents, nous ne pouvions pas éviter l’étape suivante , qui était la militarisation.

Camarades, la CNT-FAI est une maison en feu; les flammes s’engouffrent dans chaque fissure , venant de plus en plus près pour brûler nos camarades. En ce moment crucial, et avec seulement peu de gens pour essayer de sauver nos camarades des flammes voraces, verser de l’acide de vos critiques sur leurs chairs brûlées me semble être un refus de solidarité. Pour ma part, je ne peux pas vous rejoindre sur ce point. Je sais que la CNT-FAI s’est beaucoup éloignée de notre et de leur idéologie. Mais cela ne peut pas me faire oublier ses glorieuses traditions révolutionnaires de soixante-dix années. Leur combat courageux — toujours pourchassés, toujours aux abois, toujours en prison et en exil. Cela me pousse à penser que la CNT-FAI est restée fondamentalement la même et que le temps n’est pas loin où elle prouvera qu’elle est toujours le symbole , la force d’inspiration, que les anarchistes et les anarcho-syndicalistes ont toujours été pour les autres anarchistes dans le monde.

Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste – Jacky Toublet

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Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste
Jacky TOUBLET
Solidarité ouvrière n° 20
Décembre 1972
Syndicalisme et bolchevisme

Texte tiré sur site 1libertaire.free.fr
Solidarité ouvrière publia en 1972 une série d’articles intitulée « Syndicalisme et bolchevisme ».

Il faut se replacer dans le contexte de l’époque. La période qui a suivi mai 68 a vu fleurir nombre de groupes léninistes – trotskistes ou maoïstes – qui se concurrençaient pour le rôle de direction de rechange du mouvement ouvrier. Il était absolument nécessaire de leur opposer une doctrine cohérente et revenir aux principes de base du mouvement ouvrier, que le mouvement libertaire français n’avait malheureusement pas pu affirmer.

L’usage voulait que les articles ne soient pas signés, car nous estimions qu’ils devaient refléter le point de vue de l’organisation, non celui d’individus.

Le dernier article de la série, « Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste » fut écrit par Jacky Toublet.

(René Berthier, mars 2008.)

Le syndicalisme révolutionnaire, réponse à l’impasse léniniste
Jacky TOUBLET

Au cours de notre étude succincte sur « Syndicalisme et bolchevisme », nous pensons avoir détruit un certain nombre de mythes qui courent sur l’action et la théorie léninistes. En général, les critiques qu’ont portées les syndicalistes libertaires sur les diverses versions du bolchevisme ont été le plus souvent sans effet sur la bonne conscience de ses militants ; que le bolchevisme soit foncièrement anti-démocratique, ils l’admettent, quelques-ans même avec une certaine fierté ; qu’il leur faille parfois parler à la classe ouvrière avec des fusils ne les trouble pas outre mesure. Ils se pensent comme le facteur historiquement progressif, et se trouver dans le vent de l’histoire peut tout justifier; Lire la suite

Maitron en ligne | Biographie de Pierre Besnard

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Courte biographie de Pierre Besnard dans le Maitron en ligne. Cet article a été écrit par Jean Maitron et Guillaume Davranche. Le site maitron-en-ligne reprend, parfois dans une version enrichie et avec de l’iconographie, la totalité des 187 303 notices publiées dans l’ensemble du Maitron, y compris les volumes spécialisés et les cédéroms édités par les Éditions de l’Atelier.

 

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Pierre Besnard, cofondateur de la CGT-SR puis de la CNT française, théoricien de l’anarcho-syndicalisme et secrétaire de l’Association internationale des travailleur (celle de Berlin 1922)

Né le 8 octobre 1886 à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), mort le 19 février 1947 à Bagnolet (Seine) ; facteur-chef aux chemins de fer ; anarcho-syndicaliste ; cofondateur de la CGT-Syndicaliste révolutionnaire puis de la CNT française.

Cofondateur de la CGT-SR puis de la CNT française, Pierre Besnard fut surtout le principal théoricien français de l’anarcho-syndicalisme.

Fils d’un cultivateur, il entra le 1er mars 1909 aux chemins de fer de l’Ouest-État comme facteur auxiliaire à Chinon (Maine-et-Loire). Participa-t-il à la grande grève d’octobre 1910 ?

Le 25 septembre 1912, il épousa Thérèse, Marie, Eugénie Mortreuil née le 4 mai 1892 à Oissel (Seine-Inférieure).

Que fit-il pendant la Grande Guerre ? Au congrès CGT de Lyon, tenu du 15 au 21 septembre 1919, il représentait les syndicats de cheminots de Bressuire, de Loudun (minoritaires), de Montoire-sur-Loire, PO-Saumur et OE-Saumur (majoritaires). Le 15 décembre, il fut nommé facteur chef à la gare d’Auteuil-Boulogne. Fin 1919, il répondit à une enquête de La Mêlée sur l’orientation du mouvement anarchiste. Son article fut publié dans le n°32 de ce bimensuel.

Chef de file des syndicalistes révolutionnaires « purs »

Le 4 mai 1920, alors qu’il était un des principaux animateurs de la grève des chemins de fer pour la région parisienne, il devint secrétaire intérimaire de la commission permanente du bureau mixte des syndicats parisiens de cheminots. Il était également membre de la commission exécutive de la Fédération nationale des cheminots et habitait alors au 14, rue Henri-Monnier, à Paris 9e. Le 14 mai, il fut révoqué des chemins de fer pour faits de grève. Lire la suite

Du syndicalisme révolutionnaire à la révolution – René Villard 1969

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Sur le site du Monde Nouveau du Cercle d’études libertaires Gaston Leval de la Fédération anarchiste (France), vous trouverez ce texte de René Villard publié en septembre 1969 à Lyon en France.

Le texte, sans être une étude approfondie*, soulève l’importance de se préparer à la révolution via des tâches pré-révolutionnaires comme l’étude de l’organisation de la future société révolutionnaire, la propagande anarchiste et révolutionnaire, l’intégration des travailleurs dans une organisation de type C.N.T., la solidification des réseaux internationaux pour défendre les révolutions locales comme les agressions internationales, etc. À titre d’exemple, l’idée de l’organisation de la société semble pour lui être suffisamment importante pour qu’il soit « criminel » de s’embarquer dans un processus révolutionnaire sans en avoir une idée. Il dit par exemple que mai 68 n’a pu aboutir à une révolution car aucune proposition de révolution libertaire avait été étudié au préalable. C’est un texte intéressant pour alimenter et démarrer une discussion sur le sujet. Néanmoins, on sent une « foi » en la C.N.T. En effet, il propose de faire embarquer une masse de travailleurs dans la C.N.T. comme si cela était un gage de protection contre des tendances non-révolutionnaires. Il soulève pourtant lui-même dans ses premières pages, l’erreur des anarcho-syndicalistes de la C.N.T. espagnole à participer au gouvernement républicain.

*Les idées à la base de ce texte: préparation à la révolution, importance d’avoir un projet pour la société de demain n’est pas sans rappeler le livre de Pierre Besnard (Les syndicats ouvriers et la révolution sociale, 1930) dans lequel ces idées sont beaucoup plus développées.

Du syndicalisme révolutionnaire à la révolution

Voici quelques extraits:

Notre tâche principale actuelle, notre action directe présente, consiste à forcer le travailleur à ouvrir les yeux, à réfléchir, à comprendre, de l’entraîner, avec nous, dans la lutte ascendante pour la révolution, afin que ses enfants ne soient plus, demain, les domestiques du capital; afin que ses enfants puissent, demain, posséder, enfin, la dignité de l’homme et se trouver au même niveau que tous les hommes; car tous les hommes seront devenus des travailleurs et produiront, selon leurs aptitudes, pour le plus grand bien de la société

Le succès révolutionnaire réside en la formation d’une quantité de militants révolutionnaires capables, au moment favorable d’entraîner les travailleurs et le peuple à la conquête de la liberté.

En mai 1968, la révolution n’était pas réalisable parce qu’aucun plan de transformation de la société n’avait été suffisamment étudié pour permettre cette réalisation. Si la révolution avait renversé le pouvoir, il aurait fallu improviser et, ce qui est construit hâtivement, sans étude préalable, ne peut, dans le moment passionné d’une révolution, être l’expression de la justice et de la liberté qui sont les véritables buts révolutionnaires. La différence qui existe entre une révolution militaire ou capitaliste et une révolution libertaire, est que la première continue l’exploitation du peuple et des travailleurs et qu’elle n’apporte, en définitive, qu’un changement de maîtres au pouvoir, elle peut donc être réalisable à tous moments. Tout au contraire, la révolution libertaire ne peut être la continuation de l’exploitation du peuple et des travailleurs. C’est donc toute une organisation nouvelle qu’elle doit apporter, créer, organiser, mettre en place, dès le succès de la révolution. Si cette organisation nouvelle n’est pas capable d’assurer l’existence du peuple au jour de la révolution, il est inutile et criminel de tenter de réaliser celle-ci. Reconnaissons, cependant, que tout mouvement de révolution est profitable à l’avènement de la révolution totale et libertaire, du fait qu’elle donne aux travailleurs et aux peuples, le courage de la révolte qui autorisera, un jour, la conquête de la liberté.

La pré-révolution implique, dans les temps présents, la diffusion, parmi tous les exploités, de la pensée libertaire: elle nécessite le développement et l’affiliation des travailleurs dans les syndicats C.N.T. (Confédération Nationale du Travail) lesquels peuvent constituer la base indispensable de travailleurs et révolutionnaires pour constituer les éléments nécessaires de propagande autorisant de combattre tous les mensonges diffusés par l’État et par ceux qui en sont bénéficiaires.

Ce sont les organisations libertaires et le syndicalisme révolutionnaire qui assureront demain aux nouvelles générations, libérées de tous les mensonges, des atteintes à la morale, que le peuple supporte dans les temps présents, l’égalité économique et sociale indispensable à la dignité humaine.

Si la révolution est une nécessité, la pré-révolution est indispensable à la préparation du succès de la révolution. C’est à cette pré-révolution que les anarchistes, les syndicalo-anarchistes, convient la classe des travailleurs afin qu’elle accomplisse sa mission de libération.

L’esprit de révolte doit donc, pour vaincre la violence des esclavagistes, composer une force qui, en plus d’une possibilité de violence, soir capable de construire, par la raison et la solidarité, une force économique et sociale, libératrice, capable de redonner aux hommes la dignité qu’ils ne possèdent plus.

C’est en faisant basculer un nombre important de travailleurs affiliés à des syndicats inféodés à l’État, dans les syndicats révolutionnaires de la C.N.T. que les grèves pourront prétendre à la libération des travailleurs et à la suppression de l’État.

Le succès d’un mouvement révolutionnaire, dans un pays, dépend de la multiplicité des points de révolte, afin que les forces de l’État soient divisées et ne puissent se concentrer sur un seul point révolutionnaire. Ce qui justifie la nécessité de l’organisation révolutionnaire sans laquelle il est inutile et criminel de s’attaquer à un pouvoir organisé et meurtrier, disposant de forces considérables qu’il peut lancer contre le peuple sous quelques heures, avec la certitude de l’impunité devant l’Histoire, laquelle est écrite sous le contrôle de l’État, avec le sang du peuple.